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freepalestine

Dimanche 12 mars 2006

Bienvenue sur ce nouveau blog, suite du precedent http://behindthewall.over-blog.com que je vous invite a consulter...
Sur ce nouveau blog vous trouverez la suite de mon periple de trois mois en Palestine. J'en suis a la moitie... Sous peux, de nouveaux articles, interviews et de nombreuses photos sur le quotidien du peuple palestinien en general et des refugies palestiniens en particulier... Camps de refugies, villes, paysages, check points, le fameux mur... Decouvrez la realite de l'occupation.

A tout bientot

Julien

Par Julien
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Mercredi 15 mars 2006

Ahmad Ismaïl Mohammed Al Khatib
11 ans
Assassiné par l’armée israélienne le 5 novembre 2005
Jénine
10 mars 2006 
L’histoire d’Ahmad et de sa famille a défrayé la chronique il y a quelques mois. Assassiné d’une balle dans la tête tirée par un soldat israélien, sa famille a autorisé le prélèvement de ses organes qui ont permis de sauver 6 autres enfants, 4 israéliens et 2 palestiniens d’Israël. Un geste de paix extraordinaire mais dont Israël ne se soucie guère. Son père, Ismaïl, m’expose ses sentiments et les raisons de son geste…  

 

Dans quelles circonstances votre fils a-t-il été tué ?
C’était le premier jour de l’Aïd. Il s’était réveillé tôt. Les enfants reçoivent des cadeaux ou de l’argent ce jour-là. Je lui ai offert ses cadeaux et puis nous sommes allés prier. Il a ensuite rendu visite à ses grands-parents, à la famille pour recevoir d’autres cadeaux.

Puis il est revenu à la maison où je lui ai encore offert de nouveaux vêtements. Mais il était fâché car il voulait une cravate et je ne lui en avais pas acheté. Je lui ai donné de l’argent pour aller s’en acheter une.

A ce moment-là, les israéliens ont envahit et encerclé le camp. Ahmad s’est caché derrière un muret avec ses amis, juste en face du magasin où il voulait aller. Il a vu les jeeps, mais il n’a pas vu de soldats. Il a alors traversé la rue pour aller au magasin, à 20 mètres de là. Les soldats ont alors commencé à tirer. Les soldats ont dit qu’il avait une arme mais ce n’était pas vrai, il voulait juste aller acheter une cravate.

Il a reçu une première balle dans la hanche et s’est écroulé. Quelqu’un est venu à  son aide et l’a pris dans ses bras pour l’emmener et à ce moment là, il a reçu une deuxième balle dans la tête.

On l’a emmené à l’hôpital de Jénine mais on ne pouvait pas le soigner là. Des gens de l’Autorité Palestinienne m’ont alors convaincu de le faire transférer dans un hôpital israélien. Son état était très mauvais, il était dans un coma profond et sous assistance complète.

Comment en êtes-vous arriver à prendre cette décision de donner ses organes ?
J’ai discuter avec les médecins de sa situation médicale. Les médecins m’ont annoncé qu’Ahmad était cliniquement mort et m’ont demandé si j’étais d’accord que l’on prélève ses organes. Je me rappelais mon frère qui était décédé d’une insuffisance rénale car il n’a pas pu avoir de greffe. J’en ai parlé avec ma famille et j’ai demandé à un scheik ce que l’islam en disait, ainsi qu’à l’Autorité Palestinienne. Tous ont donné leur accord.

J’étais évidemment très triste car Ahmad ne pouvait pas survivre mais je n’ai pas demandé à savoir à qui ses organes seraient donnés. J’étais d’accord pour que ce soit n’importe qui. Finalement six enfants ont reçu ses organes, 2 palestiniens et 4 juifs. Quand je l’ai appris, je n’étais pas fâché. Je pensais que cela pouvait construire un pont entre israéliens et palestiniens.
J’ai écrit une lettre aux israéliens pour arrêter le massacre des palestiniens, j’espérais que Ahmad soit le dernier enfant tué.

Je leur disais que nous étions prêts à tout pour arrêter l’occupation. Les israéliens nous tuent mais nous voulons la paix.

Les soldats ont tué mon fils, mais mon fils a redonné la vie à des israéliens. J’espérais que le monde prenne en compte mon geste pour faire arrêter ce conflit. Cette lettre c’était pour construire un nouveau contact avec les israéliens et le monde, pour construire une nouvelle vie, sans tuerie.
Mon espoir en tant que père qui a donné la vie et cette lettre aux enfants qui ont survécu grâce à mon fils, c’est que peut-être un jour, ces enfants puissent changer quelque chose en Israël et change la politique israélienne.

Qu’est-ce que je peux faire plus pour la paix ?

Quelle a été la réaction israélienne à votre geste ?
Le jour où ils ont commencé l’opération pour donner le cœur de mon fils à une enfant israélien, l’armée, le jour même, a attaqué une nouvelle fois le camp de Jénine. Cela montre qu’il n’y a pas de paix possible tant que durera l’occupation.

Ils ont tué mon fils, mon fils a redonné la vie à des israéliens mais malgré tout, le jour du grand Aïd, les soldats sont venus arrêter les fils de mon frère alors qu’il était occupé à prier. Voilà ce que signifie la paix pour eux.

Etes-vous resté en contact avec les familles des enfants israéliens sauvés grâce à votre fils ?
Chaque jour je leur parle au téléphone et je vais leur rendre visite. Dans chacun de ces enfants je vois mon fils Ahmad, je le sens en vie.

Ma famille vient de Haïfa, mon père est mort ici à Jénine et a toujours rêvé de pouvoir retourner sur sa terre. Aujourd’hui c’est chose faite. Ahmad est mort à l’hôpital de Haïfa et ses organes ont été donnés à des enfants partout en Israël. Il est retourné sur notre terre d’origine.

Mort pour une cravate

 

Ces familles israéliennes ont-elle changé d’idée par rapport aux palestiniens suite à votre geste ?
Ils ont changé d’idée, aujourd’hui nous sommes comme une grande famille et nous luttons ensemble contre l’occupation.

Mais l’une d’elle est une famille de colons de Jérusalem et eux m’ont dit qu’ils étaient fâchés que ce ne soit pas un enfant israélien qui ait donné ses organes. Ils ne comprennent pas. Cela montre à quel point l’occupation peut pervertir les âmes.

Mais malgré tout, je ne regrette pas.

Avez-vous un message à adresser aux européens ?
Nous espérons une vie heureuse pour tous les enfants du monde.

Je veux dire aux politiciens, aux peuples d’Europe, d’écouter mon message et de comprendre mon geste et sa signification. Qu’ils fassent tout pour arrêter ce qu’Israël nous fait. L’ONU nous donne des droits. Personne n’accepte que l’on tue des enfants mais pourtant chaque jour, les forces d’occupation continuent à tuer des enfants.

Que le monde aide les enfants palestiniens à avoir enfin la paix, sans occupation.

Les belges respectent les palestiniens, et nous aident souvent, je le sais et j’espère qu’ils puissent faire changer les choses à l’ONU pour aider notre peuple.

Ci-dessous, voici la lettre que le père d’Ahmad a adressée aux membres de la Knesset, le parlement israélien :

Au nom de Dieu, le Compatissant et le Miséricordieux

Membres distingués de la Knesset,

Salutations, 

Des douzaines d’années ont passé alors que la folle guerre se nourrit encore de nos enfants et détruit nos vies. Mon fils a été tué et avec son départ beaucoup de rêves qu’ils voulaient exaucer se sont évanouis avec lui. Pas de mot dire combien c’est terrible d’essayer  d’exprimer ma peine, mon chagrin et ma perte, je n’y arrive pas. Lorsque Ahmad, qui avait 12 ans, était étendu sur son lit de mort, je me rappelais toute les souffrances que j’ai traversées et les épreuves dont mon peuple et enfants ont été témoins dans le camp de Jénine dont les maisons ont été détruites et dont les fils ont été tués trois ans auparavant.

La violence est liée à l’occupation de la même manière que la paix est liée à la paix… 

C’est ce que nous apprend l’Islam et c’est ce que toutes les religions enseignent : amour, compassion et fraternité d’esprit avec tous, ces concepts qui ont été foulés au pied par les conflits quand le pouvoir permet de réduire en esclavage les autres…

Nous, la famille de l’enfant martyre Ahmad Al Khatib, avons décidé de donner les organes de notre enfant pour redonner la vie à d’autres enfants sans considération de leurs religions, de leurs origines ethniques ou de leurs affiliations.

Cette décision est un message donné au nom du grand peuple palestinien et ce message vient d’un lieu particulier ; ce lieu est le camp de Jénine ; c’est le lieu d’où le peuple palestinien fut violemment évincé de leurs terres, de leurs maisons au nom du fait que le camp serait le foyer du terrorisme ; mais les faits sont aussi lumineux que les rayons du soleil et nous avons prouvé que nous restons un peuple en dépit de tout oppression, éviction et destruction et que nous avons toujours un cœur rempli d’amour et un haut sens de la moralité et de l’humanité.

N
otre enfant est mort pour offrir la vie à l’humanité sans aucune discrimination ; c’est un message de paix que nous offrons avec l’espoir qu’il atteigne le monde entier. Le conflit qui se prolonge depuis des décennies doit prendre fin et cette fin doit être juste… Les raisons de ce conflit sont très claires… c’est l’occupation qui ne génère seulement que la violence et la violent n’entraîne que le sang. Personne ne sait combien d’autres âmes et enfants subiront cette réalité si l’occupation continue.

Mon fils n’a commis aucune offense, il exerçait juste son droit à la vie et à célébrer l’Aïd…la grande question qui reste… que faisait l’armée d’occupation dans Jénine qui était en train de célébrer l’Aïd…  

 

Ismaïl Mohammed Al Khatib 

Par Julien
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Jeudi 16 mars 2006

16 mars 2006

Un soldat israélien a été tué ce matin au cours d'affrontements armés dans la ville de Jénine entre les combattants des Brigades des martyrs d'al-Aqsa et les forces de l'occupation. Celles-ci ont réussi à arrêter cinq jeunes, les accusant d'appartenir aux Brigades des martyrs d'al-Aqsa et des Brigades d'al-Quds.

Le correspondant du quotidien al-Quds à Jénine a affirmé que plus de 30 véhicules militaires israéliens ont pénétré dans le quartier Est de la ville, à trois heures du matin. Alors qu'ils tentaient d'encercler la ville en bloquant les routes, les résistants des Brigades d'al-Quds et des Brigades d'al-Aqsa ont riposté à l'invasion. Les forces de l'occupation ont reconnu la mort d'un de leurs soldats, un parachutiste.

Par la suite, les forces de l'occupation ont renforcé leur présence dans la région. Les maisons ont été occupées. Muhammad Saadi raconte : les forces de l'occupation ont transformé la zone centrale du quartier Est en une véritable caserne militaire. Les maisons ont été occupées et fouillées, et les citoyens ont été bloqués. Umm Bassam Abu Ghali témoigne : les soldats ont envahi sa maison, en tirant des coups de feu. Elle a été emmenée, ainsi que sa famille, sous la menace des armes, vers la maison de ses voisins où toutes les personnes ont été bloquées pendant des heures, et pendant ce temps, sa maison a été fouillée et saccagée, ayant été utilisée comme point de surveillance.

Selon les témoins, les soldats dont les visages ont été barbouillés de couleur noire, ont concentré leur opération en encerclant toute la zone Abu Ghali, les forces sionistes ayant prétendu que plusieurs combattants recherchés des Brigades d'al-Quds et d'al-Aqsa, s'y trouvaient. Dayfallah Abu Ghali a déclaré que les soldats ont occupé sa maison ainsi que toutes celles qui donnent sur la place Abu Ghali.

L'épouse de Khadr Abu Ghali affirme que les soldats de l'occupation n'ont pas réussi à envahir la zone, empêchés par les ripostes des résistants. Mais ils ont kidnappé plusieurs jeunes qu'ils ont utilisés comme boucliers humains pour pénétrer dans la maison où se trouvaient les combattants recherchés. Les soldats ont lancé par haut parleur des appels menaçant la destruction de toute la zone si les combattants ne se rendaient pas.

Suite à cette opération qui a duré huit heures, les forces de l'occupation ont arrêté cinq jeunes affirmant qu'ils appartiennent aux Brigades d'al-Aqsa et d'al-Quds. Le porte-parole de l'armée sioniste a affirmé que les prisonniers ont été emmenés pour interrogatoires.

Le gouverneur de Jénine a décrit cette opération comme étant une grave intensification de l'agression israélienne, qui montre les réelles intentions d'Israël. Il a demandé à la communauté internationale de réagir assez rapidement pour assurer la protection du peuple palestinien contre ces agressions.

Dans un communiqué des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, celles-ci considèrent que l'opération de Jénine est une menace réelle contre le peuple palestinien, affirmant que l'occupation n'est pas du tout concernée par l'accalmie ni la paix, que ces opérations d'agressions sont motivées par la course au sang instituée par les élections israéliennes. "Notre peuple va encore payer de son sang", affirme le communiqué. "C'est pourquoi nous devons nous mobiliser et nous tenir unis pour faire face à ces défis". Dans un communiqué, les Brigades d'al-Quds, la branche militaire du Jihad islamique, affirment que "les invasions et les arrestations ne font que nous rendre plus déterminés à poursuivre notre lutte, dans l'unité, jusqu'à la libération et la victoire".

Par Ali Samoudi
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Jeudi 16 mars 2006

Le mensonge, avec l'argent, est le nerf de la guerre.
Certains medias occidentaux présentent l'attaque de la prison de Jéricho comme une longue bataille dans laquelle les prisonniers auraient fait preuve d'une farouche résistance. Rien n'est plus faux.

L'extraordinaire déploiement de force que nous avons pu voir à la télévision relève de la propagande la plus sordide. Des chars, des bulldozers, un nombre incalculable de soldats, plus de 1050 arrestations en une journée, tout cela pour attaquer une prison? Pour capturer un homme? Il me semble que dans aucune prison du monde les prisonniers ne soient armes pour résister à pareille attaque? Dix hommes auraient suffit pour pénétrer dans l'aile du bâtiment qui habritait Ahmed Saadate et ses 5 compagnons, détenus dans une aile séparée de celle ou se trouvait le gros des autres détenus de la prison. Moi, qui aie eu la chance de rendre visite à Ahmed Saadate voici trois semaines, je peux affirmer que rien ne justifiait pareil déploiement de force. Je peux en outre affirmer que la fouille en règle que j'ai subie à l'intérieur de la prison était faite sous le sévère contrôle d'un soldat américain en civil qui a d'ailleurs fait du zele
Pourquoi ces soldats américains et britanniques ont-ils quitté les lieux juste avant l'attaque israélienne alors qu'aucun visiteur ne pouvait jusque la passer la porte de la prison sans leur consentement. A moins que cela ne soit sous leur propre invitation que les soldats israéliens sont venus frapper à la porte?

Le fait est que cette attaque ne peut être comprise en-dehors des prochaines élections législatives israéliennes qui doivent se tenir fin de ce mois de mars.

La question que l'on doit se poser est: A qui profite le crime? Et tout le monde aujourd'hui peut constater que le grand vainqueur de cette affaire est le premier ministre israélien par intérim Ehud Olmert. Celui-ci, qui remplace Ariel Sharon depuis que ce dernier est tombe dans un coma profond, emmène aux élections le nouveau parti Quadima.
Déjà tous les journaux israéliens le présentent aujourd'hui comme le vainqueur du terrorisme et le garant de la sécurité d'Israël. Il est de notoriété publique que chaque élection israélienne est précédée d'une épreuve de force avec les palestiniens ou le Hezbollah au Liban. Hier a eu lieu l'attaque de la prison de Jéricho et la capture d'Ahmed Saadate, dans la soirée déjà, les télévisions arabes parlaient d'une augmentation soudaine de la tension à la frontière israélo-libanaise. Les forces de sécurité israéliennes sont placées en état d'alerte maximum. Autre aspect de l'affaire, le désir d'Israël de liquider toute opposition au Hamas pour justifier sa propre position intransigeante au nom de "Nous ne traiterons pas avec un gouvernement Hamas". Mahmoud Abbas, président Fath de l'autorité palestinienne, qui avait donne sa garantie pour la protection d'Ahmed Saadate, ressort aujourd'hui profondément affaibli et déconsidère au sein de l'opinion palestinienne.

Il est de notoriété publique également que la situation sociale en Israël est déplorable. Pour avoir marche dans les rues de Tel Aviv, le long de ses plages et dans les rues de Jérusalem Ouest, ce qui saute immédiatement aux yeux ce sont les innombrables sans abris, mendiants fouillant dans les poubelles... Il n'est pas rare de voir dans les parcs publics des dizaines de sans-abri dormir à la belle étoile.

Resserrer l'opinion publique autour de l'argumentation sécuritaire permet donc de passer sous silence les véritables problèmes sociaux dont la population israélienne est victime.

Ahmed Saadate est également présenté comme un sanguinaire terroriste coupable de l'assassinat d'un ministre israélien. On omet soigneusement de dire que ce ministre en question était un représentant de la plus dure extrême droite israélienne, membre du cabinet de sécurité qui a ordonne l'exécution extra judiciaire de dizaines de palestiniens, qu'il était le représentant de la ligne la plus extrême du sionisme, voulant chasser tous les palestiniens de leur terre. Si la résistance pendant la seconde guerre mondiale avait fait exécuter Goebbels, les aurait-on traité de terroristes?

Le fait est qu'il est déplorable aujourd'hui que le simple fait d'être juif vous donne une image de sainteté, comme si le fait d'être juif vous dénuait de toute couleur politique? Quand admettra-t-on qu'au sein de la communauté juive, comme dans toute autre communauté il existe des courants politiques profondément réactionnaires, proche du fascisme le plus pur.

Ahmed Saadate est un résistant à l'occupation, cette occupation que se rend coupable chaque jour des crimes les plus honteux. Aujourd'hui encore l'armée israélienne a tire toute l'après midi des balles en caoutchouc sur des enfants dans une des rues principales de Bethlehem.
Quel crime a commis Sandy, cette petite fille de 12 ans du camp de Jénine pour que depuis maintenant 4 ans elle soit séparée de sa mère et de son père tous deux enfermes dans une prison israélienne?

Y a-t-il des enfants israéliens emprisonnés dans des prisons palestiniennes?
Non, mais le fait est qu'il y a près de 200 enfants palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes, comme ce petit Nour, 2 ans a peine, ne en prison et depuis lors maintenu en détention.

La vérité est la, naître palestinien est devenu un crime aux yeux d'Israël.

Qu'Israël se rappelle qu'il y a 60 ans, naître juif était aussi considère comme un crime. Nos grands parents ont combattus et sont morts pour mettre a bas la barbarie nazie. Chaque jour insulte leur mémoire et celle des 6 millions de juifs exterminés.

Israël est loin d'être la première démocratie du Moyen Orient mais bien le régime le plus totalitaire de cette région. "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose", cet adage nazi a été applique a la lettre hier lors de l'attaque de la prison de Jéricho, avec la complicité sournoise mais ho combien réelle des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. Personne ne peut dire le contraire.

 

Chansons du FPLP sur Ahmed Saadate:

http://www.pflp.net/songs.php?action=Songs&id=1&song=yom_17_october&Order=Listen

http://www.pflp.net/songs.php?action=Songs&id=2&song=3la_lsan_elrawe&Order=Listen

Par Julien
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Vendredi 17 mars 2006

C'est en cellule que nous rencontrons le député palestinien Ahmed Saadat. Il est un des trois élus récents du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), dont il est le secrétaire général. Depuis près de quatre ans, il est emprisonné à Jéricho par l'Autorité palestinienne, sous la garde de 18 soldats britanniques et américains. Une rencontre exceptionnelle avec un homme exceptionnel.

Julien
15-03-2006
Sur http://www.solidaire.org

Nom: Ahmed Saadat
Naissance: en 1953, dans une famille chassée du village de Deir Tarif, près de la ville d'Al-Ramléh, entièrement vidée de sa population palestinienne.
Famille: une femme et quatre enfants
Domicile: emprisonné à Jéricho par l'Autorité palestinienne (suite à un marchandage de celle-ci avec Israël et les USA)
Fonction: secrétaire général du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP)


Il est 7 heures du matin, ce samedi 11 février 2006, lorsque j'entame mon périple qui me mènera deux heures plus tard à la prison de Jéricho. Ce n'est pas une affaire simple. Le problème principal consiste à se rendre à Jéricho, ville de l'Est de la Cisjordanie. A partir de Bethléem, il faut passer au minimum deux barrages routiers de l'armée israélienne (j'en passerai deux à l'aller et quatre au retour).

Arrivé à la prison, le visiteur est soumis à une fouille en règle par la sécurité palestinienne, supervisée par un soldat américain en civil. Appareils photos et téléphones portables sont interdits. Deux portes à passer, un détecteur de métaux et je me retrouve dans la cour de la prison, sur laquelle donnent les cellules des détenus.

On m'en désigne une. L'intérieur est confortable. Je me vois offrir thé, café et petits biscuits. L'air fatigué, Ahmed Saadat m'accueille. Il me parle de ses quatre enfants, qui lui rendent visite de temps en temps. Son épouse, par contre, a été récemment placée en résidence surveillée par Israël, pour une durée de six mois. Puis, il entame la discussion, qui durera quatre heures, entrecoupée par les nombreuses visites d'amis.

 

D'Europe, il est très surprenant d'être prisonnier et d'être en même temps élu au Parlement. Pouvez-vous expliquer votre histoire?

Ahmed Saadat. Mon histoire n'est pas différente des nombreuses autres histoires de combattants de la liberté qui luttent pour l'indépendance nationale. Mais je suis également emprisonné parce que je suis le secrétaire général du FPLP. L'Autorité Palestinienne m'a arrêté et emprisonné du fait des pressions israéliennes sur les administrations américaines et européennes. Celles-ci ont émis un mandat d'arrêt international et ont, à leur tour, fait pression sur l'Autorité palestinienne pour me faire arrêter, moi et d'autres de mes camarades.

Mettre le FPLP sur la liste des organisations terroristes, agréé par les Etats-Unis et l'Union Européenne, est caractéristique: c'est un processus qui vise à considérer toute la résistance palestinienne à l'occupation israélienne comme étant terroriste. Cela fait partie de la politique américaine qui vise à imposer ses propres principes au reste du monde.

Les communistes arabes n'ont pas développé leur propre «cuisine»

Ahmed Saadat. «Le développement des organisations islamistes, à l'échelle internationale, est une conséquence directe de l'effondrement de l'URSS. Cet effondrement a entraîné l'affaiblissement des organisations de gauche qui luttent contre l'impérialisme dans le monde arabe. Les forces communistes dans le monde arabe avaient appliqué littéralement la vision soviétique et n'avaient pas leur propre «cuisine» théorique et politique capable de produire leur propre lecture des contradictions spécifiques du monde arabe.

Après la chute de l'URSS, la plupart des partis de gauche étaient confus, choqués et heurtés et ont perdu confiance dans la théorie marxiste-léniniste. Leur affaiblissement et leur confusion ont créé un espace que les mouvements islamistes ont occupé. La victoire de la révolution islamiste en Iran et la victoire de la résistance afghane anti-soviétique ont favorisé l'émergence de mouvements et d'institutions islamistes dans le monde arabe, et en Palestine en particulier.»

 

 

Le FPLP a eu trois élus aux élections législatives du 25 janvier. Comment jugez-vous ce résultat?

Ahmed Saadat. Evidemment, ce n'est pas bon pour nous et nous travaillons à être plus forts. Mais les résultats électoraux du FPLP ne reflètent pas son influence réelle sur le terrain. Car toutes les élections ont été dominées par l'extrême polarité entre le Fatah et le Hamas, par le souhait populaire de remplacer le Fatah, qui était la faction dominante au sein de l'Autorité palestinienne. Et par le sentiment populaire que le Hamas pouvait être le parti capable de changer la situation actuelle.

 

Que défend le FPLP?

Ahmed Saadat. Le FPLP est un parti palestinien légal qui essaie de libérer son peuple de l'occupation. Tout comme le Hamas, nous voulons continuer l'Intifada. Nous rejetons les accords d'Oslo [accords dits «de paix» conclus en 1993 entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine] et la «Feuille de route» [accord dit de «paix» imposé par les Etats-Unis, l'Union européenne, la Russie et l'Onu en 2003]. Comme le Hamas, nous refuserons de reconnaître Israël tant que nos droits nationaux ne seront pas reconnus.

Il n'y a pas d'espoir de négociations avec Israël, car il refuse de négocier avec les Palestiniens. Le nouveau parti israélien Quadima [mis sur pied par Sharon] a construit son programme sur un état de fait pour imposer le programme territorial sioniste: confisquer 60% de la Cisjordanie en la vidant de ses habitants palestiniens et créer un Etat juif pur. La «Feuille de route» nous ramène à la situation d'avant l'Intifada. Elle veut imposer un compromis sur les résolutions de l'Onu qui reconnaissent nos droits légitimes. Nous n'avons pas besoin de négociations sur ces résolutions, nous avons besoin qu'elles soient appliquées.

 



Le FPLP est un parti populaire qui gère différentes institutions populaires et développe également des services sociaux (Photo Solidaire, Julien)

Il faudra tout de même un jour trouver une solution au conflit entre Israéliens et Palestiniens...

Ahmed Saadat. La seule solution viable pour résoudre le conflit historique entre Israël et le peuple palestinien est la création d'un seul Etat démocratique sur toute la Palestine historique d'avant 1948. Mais actuellement, cela est impossible à réaliser. Il est nécessaire d'avoir une étape intermédiaire qui consiste en la création d'un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967, c'est-à-dire sur toute la Cisjordanie et la Bande de Gaza, avec Jérusalem comme capitale. Et en appliquant le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Le FPLP utilise différentes méthodes de travail dans la lutte de libération. C'est un parti populaire qui a différentes institutions populaires pour les travailleurs, les femmes, les étudiants, les professions intellectuelles. Il développe également différents services sociaux d'aide au peuple dans les domaines de la santé, de l'agriculture, de l'éducation, des arts, des droits humains...

 

Quel est votre programme économique et social?

Ahmed Saadat. Il est basé sur le renforcement de la démocratie dans tous ses aspects. Sur la construction d'une économie indépendante, en accord avec notre droit légal de résistance, pour donner à notre peuple les conditions objectives permettant sa libération et l'achèvement de l'indépendance nationale.

Notre programme essaie de servir les intérêts de l'ensemble du peuple et vise en particulier à améliorer les conditions de vie de la paysannerie et des pauvres. Il vise également à mettre fin au chômage afin d'assurer que chacun ait les mêmes chances de mettre en valeur ses capacités professionnelles. Pour cela, il s'agit de reconstruire les institutions de l'Autorité Palestinienne.

Sur le plan économique, notre programme met en avant, pour la période actuelle, l'union des secteurs publics et privés afin de créer les bases d'une économie palestinienne nationale et autosuffisante.

 

Washington fait mine d'ignorer qu'Israël possède 300
têtes nucléaires

Ahmed Saadat. «Les Etats-Unis font du « deux poids, deux mesures» quand ils appliquent les résolutions internationales. D'une main, ils utilisent leur pouvoir pour forcer l'Irak à quitter le Koweit (en 1991), pour occuper militairement l'Irak, pour obliger la Syrie à évacuer le Liban, pour exiger que l'Iran arrête son programme nucléaire. Mais de l'autre main, ils acceptent l'agression israélienne contre notre peuple et ils n'utilisent pas leur pouvoir pour forcer Israël à appliquer les résolutions de l'Onu concernant le problème palestinien depuis 58 ans. Ils font également mine d'ignorer le fait qu'Israël possède 300 têtes nucléaires.»

 

Comment jugez-vous la récente victoire du Hamas?

Ahmed Saadat. Elle est un résultat logique de la lutte qui, ces dernières années, a opposé le Hamas à l'Autorité Palestinienne. Sur le terrain, le Hamas est beaucoup plus fort que les autres organisations. Le peuple voit donc en lui un espoir de changement du système politique qui sévit actuellement au sein de l'Autorité Palestinienne.

 

Une alliance est possible avec le Hamas?

Ahmed Saadat. Nous n'avons pas peur de conclure une alliance avec le Hamas, mais nous sommes également ouverts à une alliance avec toutes les autres organisations palestiniennes pour constituer un front national contre l'occupation. Nous avons besoin d'un gouvernement réellement national. Nous avons une bonne opportunité d'alliance si le Hamas reste sur sa position de refus des accords d'Oslo et de la «Feuille de route».

Entre-temps, parmi toutes les organisations qui se réclament de gauche en Palestine, le FPLP essaie, particulièrement avec le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP), de construire un projet palestinien de gauche. Un projet basé sur une vision claire de notre identité marxiste, sur base de la lutte nationale et de la lutte de classe, liées à la lutte nationale au niveau régional arabe et à la lutte internationale des peuples, en connection avec les mouvements révolutionnaires internationaux.

 

Sur quels points êtes-vous en désaccord avec le Hamas?

Ahmed Saadat. Il y a des divergences entre nos programmes politiques, mais également entre nos programmes sociaux respectifs. Le Hamas veut créer un Etat islamiste sur la Palestine, dont les institutions seraient basées sur la loi islamique. Le FPLP essaie, lui, de construire un Etat démocratique respectueux de la liberté de pensée, de croyance et garant des droits humains. Un Etat séparé des structures religieuses.

Le Hamas sait qu'il ne peut appliquer son programme pour l'instant. Nous leur avons demandé leurs intentions et ils nous ont répondu que tant que l'occupation durera, l'application de leur programme islamiste est impossible.

La différence entre le Hamas et nous est aussi très claire dans le domaine économique. Il essaie de construire une économie libérale capitaliste, alors que nous pensons à une économie intégrée (coexitence des secteurs publics et privés) comme première étape pour construire une économie socialiste, base d'une économie nationale indépendante et forte.

 


Ahmed Saadat: « Nous refuserons de reconnaître Israël tant que nos droits nationaux ne seront pas reconnus.» (Photo Solidaire, Julien)


Vous parliez de l'importance de mener la lutte nationale sur base de la lutte de classes. Qu'est-ce que cela signifie?

Ahmed Saadat. Depuis que l'Autorité Palestinienne a été instaurée, celle-ci a ouvert la voie à de nouvelles contradictions sociales au sein du peuple palestinien. Nous luttons au sein de ce nouveau contexte pour obtenir des réformes sociales au sein de l'Autorité Palestinienne, tout en continuant la lutte de libération nationale. Il s'agit de construire une nouvelle société tout en continuant le combat contre l'occupation.

Il y a actuellement deux contradictions majeures. La principale est la contradiction entre notre peuple et l'Etat d'Israël sur la question de l'occupation. La seconde se situe au sein même du peuple palestinien, entre le peuple et la bourgeoisie de l'Autorité palestinienne et de l'OLP.

La bourgeoisie palestinienne veut arrêter la lutte contre l'occupation et est prête à tous les compromis pour s'arranger avec les Israéliens afin de défendre ses propres intérêts économiques. Par exemple, l'Autorité palestinienne a fait construire un Casino ici à Jéricho avec le soutien financier d'Omri Sharon, le fils d'Ariel Sharon!

Repères

  • FPLP. Front populaire de libération de la Palestine. Organisation palestinienne marxiste créée en décembre 1967. Son secrétaire général, Ahmed Sadaat, a succédé à Abu Ali Mustapha, assassiné par un missile israélien le 27 août 2001.
  • Fatah. Parti du défunt président palestinien Yasser Arafat et de l'actuel président Mahmoud Abbas.
  • Hamas. Parti islamiste sorti vainqueur des élections palestiniennes du 25 janvier.
  • OLP. Organisation de libération de la Palestine. Créée en 1964, elle est l'organisation historique regroupant l'ensemble de la lutte palestinienne (Fatha, FPLP et d'autres) à l'exception du Hamas et du Jihad islamiste. L'OLP a perdu son rôle dirigeant en 1993 au profit de l'Autorité palestinienne.
  • Autorité palestinienne. C'est l'entité gouvernementale qui représente les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza (et non les millions de Palestiniens réfugiés dans d'autres pays). Créée en 1993, elle a un président (Mahmoud Abbas), une assemblée élue (le Conseil législatif palestinien), une police et des représentants dans plusieurs pays.
  • Conseil législatif palestinien. C'est le Parlement palestinien. Les élections de ce 25 janvier 2006 ont réparti les 132 sièges ainsi : 76 au Hamas, 43 au Fatah, 3 au FPLP, 2 à Al Badil, 2 à Troisième 3e voie, 2 à Palestine indépendante, 4 aux Indépendants.
Par Julien
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Vendredi 17 mars 2006

Bethléem, 17 mars 2006

Une cinquantaine de personnes, internationaux et palestiniens, se sont réunis ce vendredi 17 mars en début de soirée sur l?esplanade de la Basilique de la Nativité à Bethléem, pour une veillée aux flambeaux.

 

Quel lieu plus symbolique de l?Eglise de la Nativité, lieu présumé de naissance de Jésus Christ, l?apôtre de la paix, pour commémorer les internationaux pacifistes tués par Israël et les Etats-Unis.
La cinquantaine de personnes présentes ont tenu à se souvenir de Rachell Corie, volontaire américaine, écrasée par un bulldozer israélien dans la bande de Gaza alors qu?elle s?opposait à la destruction de la maison d?une famille palestinienne. Ou encore Tom Harndall, tué lui aussi par l?armée israélienne, Tom Fox, tué par l?armée américaine en Irak, et bien d?autres, martyres de la paix.

Les manifestants ont également crié leur colère contre la récente attaque de la prison de Jéricho et la capture du leader du FPLP, Ahmed Saadate, par l?armée israélienne, le 14 mars dernier.

Quelle preuve faut-il encore aux gouvernements du monde pour leur montrer qu?Israël et les Etats-Unis sont les ennemis de la paix. Combien d?enfants, de jeunes, de femmes, d?hommes palestiniens et irakiens devront encore tomber. Combien de volontaires pacifistes internationaux devront encore donner leur vie pour que la paix règne enfin sur cette terre ?

Par Julien
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Vendredi 17 mars 2006

Bethlehem-Maan-News

Lawyer Mahmoud Hassan visited Sadat in his Jerusalem jail said that the Palestinian leader refused to answer the Israeli interrogator questions.

Hassan said that Saadat told him that I will not deal or answer any Israeli interrogator questions or court because I am not a prisoner or an accused person, I am a hostage and a kidnapped person.

Saadat was asked many questions by the Israeli interrogators related to the killing of former Israeli minister, the lawyer said.

The Israelis committed the crime after took a green light by the USA and the UK Saadat told his lawyer and burden responsibility on the PA for not taking the suitable procedures and measures to protect him and his comrades.

The lawyer said that he was told by Saadat that a Palestinian security official from the Moqata'a in Jericho met the Israelis coordinating team an hour before the attack, he never return to inform us about what happened with the Israelis.

Saadat told the lawyer that after the Israeli demolished the jail we were with our bare hands in front the Israeli tanks, we did not have any weapons, confirming that we did not obey the Israeli orders to put our hands over our heads or to be naked.

Lire l'interview de Saadate: http://freepalestine.over-blog.com/article-2177849.html

Par Maan News
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Vendredi 17 mars 2006

Bethlehem-Maan-News
Lawyer Mahmoud Hassan visited Sadat in his Jerusalem jail said that the Palestinian leader refused to answer the Israeli interrogator questions.

Hassan said that Saadat told him that I will not deal or answer any Israeli interrogator questions or court because I am not a prisoner or an accused person, I am a hostage and a kidnapped person.

Saadat was asked many questions by the Israeli interrogators related to the killing of former Israeli minister, the lawyer said.

The Israelis committed the crime after took a green light by the USA and the UK Saadat told his lawyer and burden responsibility on the PA for not taking the suitable procedures and measures to protect him and his comrades.

Lire l'interview de Saadate: http://freepalestine.over-blog.com/article-2177849.html

Par Maan News
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Samedi 18 mars 2006
Par Ali Samoudi
18 mars 2006
 

Les forces d'occupation ont commis hier soir un nouvel assassinat dans la région de Jénine, en Cisjordanie occupée.
Akabir Abdel Rahman Izzat, 10 ans, a été assassinée dans le village al-Yamoun, à l'ouest de Jénine. La fillette a été touchée à la tête.
Plusieurs autres personnes ont été blessées par les balles israeliennes et ont été directement transportées, par le Croissant Rouge Palestinien, à l'hôpital public du martyr Khalil Sulayman.
Le père de la fillette a déclaré que Akabir se trouvait avec lui , dans la voiture, lorsque les forces de l'occuaption ont criblé de balles la voiture. Sa fille a été touchée à la tête. Son oncle, Kamal, a été touché à l'épaule, avant d'être arrêté par les forces de l'occupation.

Des unités spéciales sionsites s'étaient infiltrées dans la village al-Yamoun, précédant l'arrivée d'une force d'intervention avec des véhicules militaires. Deux hélicoptères de type Apatchi accompagnaient le convoi pour s'emparer du village et encercler le quartier Est. Les combattants des Brigades des martyrs d'al-Aqsa et les Saraya al-Quds, respectivement les branches armées du Fateh et du Jihad Islamique, ont ouvert le feu contre les forces de l'occupation.
Des témoins ont raconté que les forces israeliennes ont encerclé la maison de Jamal Muhammad Zayed, ouvrant un feu intense, avant de lancer des appels, par mégaphone, demandant aux résistants de se rendre.
Les résistants ont refusé et ont poursuivi leur résistance. Les forces sionistes ont lancé des obus sur la maison. Les affrontements se sont poursuivis tard dans la nuit.
Plusieurs Palestiniens ont été blessés, parmi eux le jeune Safi Mahmoud Frayhat, 13 ans, touché au dos.
Les sources palestiniennes craignent un massacre dans le village d'al-Yamoun.
D'autre part, la ville de Toubas a également subi une invasion des forces spéciales israéliennes, et les jeunes du village se sont rassemblés pour lancer des pierres et des bouteilles vides sur les véhicules militaires. 

Par Ali Samoudi
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Lundi 20 mars 2006

Nous rencontrons Khaleda Jarrar, 43 ans, à Ramallah, dans les bureaux de l’association de défense des prisonniers palestiniens Addammeer dont elle est l’ancienne directrice. Khaleda Jarrar a récemment été élue députée sur les liste du Front Populaire de Libération de la Palestine pour la Conseil Législatif Palestinien, le parlement palestinien pour les territoires occupés.
R
encontre… 

Quelle est votre opinion sur ce qu’il s’est récemment passé à Jéricho et la capture de Ahmed Saadate par Israël ? Pourquoi maintenant ? Quel a été le rôle des Etats-Unis et de l’Angleterre dans cette affaire ? Et le rôle de l’Autorité Palestinienne ?
Mon analyse politique sur cette affaire est que c’est une conséquence directe de la nouvelle situation déterminée premièrement par le résultat des élections palestiniennes et la victoire du Hamas et deuxièmement comme une conséquence directe de l’occupation israélienne qui continue avec plus de confiscations de terres, la construction du mur…
Pourquoi maintenant ? Parce que le Hamas jusqu’à maintenant refuse toute négociation avec Israël. Au nom de la lutte contre le terrorisme, Israël refuse tout compromis avec le Hamas et veut mettre la pression sur le  nouveau gouvernement palestinien.
C’est également une conséquence des accords qui ont permis l’emprisonnement de Ahmed Saadate sous responsabilité étrangère. Il a été arrêté une première fois par l’autorité palestinienne et une seconde fois par les israéliens. C’est une conséquence directe du fait que l’Autorité Palestinienne accepte ce genre d’accords.
Bien sûr les Etats-Unis et l’Angleterre ont une lourde part de responsabilité. Mais c’est également de la responsabilité de l’Autorité Palestinienne qui a accepté ces accords et n’a ensuite rien fait pour le protéger. Pourquoi par exemple, l’Autorité Palestinienne n’a pas appliqué la décision de la Haute Cour de Justice Palestinienne qui avait décidé sa libération.

L’Autorité Palestinienne a reçu une lettre des ambassades américaines et britanniques le 8 mars dernier informant Mahmoud Abbas que l’Autorité Palestinienne ne respectait pas les accords en permettant à Ahmed Saadate de recevoir des visites et d’user du téléphone en prison et que par conséquent les Etats-Unis et l’Angleterre annonçaient le désengagement de leurs soldats en charge de la surveillance de la prison.
Je vais déposer des questions au parlement palestinien auprès du Ministre de l’Intérieur sur la responsabilité de l’AP et pour que la lumière soit faire sur cette affaire. Nous demandons en outre une investigation internationale sur cette affaire.

L’Autorité Palestinienne dit qu’emprisonner Ahmed Saadate garantissait sa sécurité. Qu’en pensez-vous ?
Sous occupation, on ne peut pas faire ce genre d’accord. On ne peut emprisonner des gens au nom de leur sécurité. C’est impossible sous occupation et les derniers évènements en sont la, preuve. Protéger la vie des gens signifie avant tout lutter contre l’occupation et demander une protection internationale.

Pensez-vous que l’attaque de la prison peut être expliquée dans le contexte des prochaines élections israéliennes ?

Cela n’a rien à voir avec les prochaines élections israéliennes. Cela a à voir avec les élections palestiniennes. Au nom de la lutte contre le terrorisme, Israël refuse tout compromis avec le Hamas et veut mettre la pression sur le nouveau gouvernement palestinien.

De plus les Etats-Unis veulent affaiblir l’Autorité Palestinienne et la position de Mahmoud Abbas (Fath) au sein du nouveau gouvernement Hamas.

Quelle est la position actuelle du FPLP depuis la capture d’Ahmed Saadate ? Cela change-t-il quelque chose ?
L’absence d’Ahmed Saadate pèse lourd bien entendu, mais il était déjà en prison depuis 4 ans avant sa capture. Notre position fondamentale reste la même :

Sur le plan international :

-         Construire l’unité du peuple palestinien

-         Ouvrir des discussions sur la réforme de l’OLP et sa démocratisation

-         Il existe maintenant des opportunités pour demander une protection internationale pour faire appliquer les résolutions internationales mettre fin aux accords d’Oslo.

Sur le plan intérieur :

 

 

 

-         Lutter contre la corruption

-         Faire appliquer la loi

-         Construire un leadership qui mène réellement la résistance populaire sous toute ses forme mais basée avant tout sur une large résistance populaire.

 

Vous avez parlé à plusieurs reprises de protection internationale ? Qu’entendez-vous par là ? Demandez-vous l’envoi de Casques Bleus ?
Certainement pas. Si c’est pour avoir des observateurs qui comptent la énième violation des accords par Israël, nous pouvons le faire nous même.

Nous subissons l’occupation tous les jours. Nous sommes des palestiniens qui défendent leurs droits légitimes, internationalement reconnus. Nous demandons que la communauté internationale reconnaissent enfin nos droits à l’autodétermination et à mettre fin à l’occupation et les fassent appliquer.

Que la communauté cesse de faire pression sur nous au nom de la sécurité d’Israël et fasse pression sur Israël au nom de notre sécurité.

Lors de la condamnation par la Cour de Justice Internationale de la construction par Israël du Mur, le point principal de cette condamnation, c’est qu’elle reconnaissait le fait de l’occupation. Une fois cela reconnu, cela nous donne le droit légitime de résister.

La demande d’une protection internationale signifie que l’on demande que la communauté internationale agisse concrètement contre l’occupation car cela relève de la responsabilité internationale si l’occupation perdure.

Vous parlez de réformer l’Organisation de Libération de la Palestine, OLP. Qu’entendez-vous par là concrètement ?
Il s’agit avant tout de continuer le processus électoral pour faire élire le Conseil National Palestinien (CNP) qui représente réellement tous les palestiniens, de l’intérieur et de l’extérieur. Le CNP est le seul vrai parlement. Le Conseil Législatif Palestinien (CLP) qui a été récemment élu représente les palestiniens qui vivent sous occupation en Cisjordanie et à Gaza mais pas les palestiniens de la diaspora.

Il s’agit également de rendre plus actif le Conseil Politique de l’OLP à travers ces élections.

Si l’on n’entame pas ce processus, on oublie la question principale du problème palestinien qui est la question des réfugiés et du droit au retour de ces réfugiés qu’ils soit de Cisjordanie ou de Gaza mais également du Liban, de Syrie et de Jordanie.


Depuis l’affaire de Jéricho, certains leaders du Fath, le parti du président Mahmoud Abbas, ont lancé le débat autour de la dissolution de l’Autorité Palestinienne ? Qu’en pensez-vous ?

J’espérais qu’ils le fassent avant cela et avant la victoire du Hamas.

Il faut changer les règles de l’AP. L’Autorité Palestinienne doit avant tout être sous le contrôle de l’OLP.

L’AP doit servir réellement le peuple et l’aider à faire face à l’occupation, lui offrir des services sociaux et refuser tout accord avec Israël. L’AP doit aider le peuple à obtenir la justice sociale, lui offrir des opportunités économiques, bien sûr il ne s’agit pas de liberté économique tant que l’on sera sous occupation, mais on peut parler de lutte contre la corruption, de contrôle du secteur privé, d’économie mixte.

Il faut également changer le système politique, ne plus avoir une AP sous monopole d’un seul leader ou d’un seul parti, mais avoir une direction unifiée et effective afin de redonner un véritable caractère nationaliste à la direction de l’AP et briser l’individualisme bourgeois qui prévaut aujourd’hui.

Comment percevez-vous le rôle des Etats-Unis et de l’Europe au Moyen-Orient ?

Les Etats-Unis ne mènent pas seulement une domination économique mais une véritable occupation militante au Moyen-Orient. Et cette occupation ne sert que leurs propres intérêts.

Les Etats-Unis contrôlent et dirigent la politique Européenne. J’espère qu’un jour l’Europe puisse prendre une autre position mais pour l’instant, ce n’est pas le cas.

Les Etats-Unis ont leur propre agenda économique : l’élaboration d’un marché libre, le contrôle de nos ressources naturelles. Ils ont également des intérêts politiques : rendre nos populations esclaves de leurs intérêts. Ils mènent des attaques contre la Syrie, le Liban car ils veulent y instaurer des régimes « démocratiques US ». Si ces pays vont à l’encontre de leurs intérêts, ils ne sont pas considérés comme démocratique. C’est de l’impérialisme en soit.
L’Europe joue le même rôle que les Etats-Unis. Dans la pratique c’est la même politique même si quelques détails changent. Si l’Europe n’a pas participé à la guerre en Irak, ce n’est pas par soucis humanitaires, mais du fait de la pression populaire interne.

Beaucoup de palestiniens regrettent qu’Ahmed Saadate se soit rendu et auraient préféré le voir mourir en martyr de manière à renforcer l’opinion publique palestinienne…
Il ne s’agit pas ici de reddition, mais de capture. Il a refusé de se déshabiller sous les injonctions israéliennes, il a refusé de mettre ses mains derrière la tête, il refuse de répondre à leurs questions. Il a été capturé et a refusé de se rendre jusqu’à ce que tout soit détruit autour de lui. Il n’avait pas d’armes. Que pouvait-il faire, se laisser tuer simplement ? Il s’agit d’une capture, d’un kidnapping.

Que faire en Europe pour aider à la libération d’Ahmed Saadate ?
Tout type de support, de manifestations, de rassemblements sont les bienvenus. Addammeer va bientôt lancer une grande campagne en sa faveur, campagne que vous pouvez soutenir.

Le 17 avril prochain, c’est la journée des prisonniers. On demande à toutes les organisations internationales de manifester ce jour-là et de cibler particulièrement les ambassades américaine et anglaise mais surtout anglaise. 

Par Julien
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